Rédigé par Stéphane WEIBEL / FireLab Pyrénées · 2 avril 2026
Le dossier Stellantis incendie est officiel depuis ce mercredi 1er avril 2026 : le groupe a officialisé le rappel de 700 000 véhicules dans le monde, dont 212 000 en France, en raison d’un risque avéré d’incendie dans le compartiment moteur. Peugeot, Citroën, Fiat, Alfa-Romeo, Jeep, DS, Opel, Lancia — pratiquement toute la gamme du groupe est concernée, pour les véhicules produits entre 2023 et 2026 équipés du moteur PureTech 1,2 litre à hybridation légère.
Ce rappel n’est pas une précaution théorique. Il fait suite à 36 incidents recensés dans le monde, dont 12 débuts d’incendie confirmés (source). En tant qu’investigateur post-incendie, cet événement mérite une lecture technique qui va au-delà des communiqués de presse. C’est également un signal fort sur l’évolution des risques liés aux motorisations hybrides, en plein essor depuis plusieurs années.
Stellantis incendie : le mécanisme de l’arc électrique en milieu humide
Le défaut identifié par Stellantis est d’ordre électromécanique. Dans ces véhicules hybrides légers, le moteur thermique et le moteur électrique cohabitent dans un espace réduit. L’écart entre le tuyau du filtre à particules d’essence et le capuchon de protection de la borne du démarreur 48V s’avère insuffisant.
En présence d’un fort taux d’humidité — conditions parfaitement banales sur route mouillée, en hiver, ou lors de traversées de zones inondées — un arc électrique peut se former entre ces deux composants. Cet arc génère une surchauffe localisée, susceptible d’enflammer les matériaux environnants et de provoquer un incendie dans le compartiment moteur.
Ce type de scénario est bien documenté en investigation post-incendie : l’arc électrique constitue l’une des causes accidentelles les plus fréquentes dans les incendies de véhicules modernes, précisément parce qu’il ne laisse que des traces infimes, rapidement masquées par la propagation du feu. Son identification nécessite une inspection minutieuse des composants électriques survivors au sinistre, réalisée avant tout déplacement ou nettoyage du véhicule.
Quels véhicules sont concernés en France ?
Ce rappel Stellantis incendie touche 211 725 véhicules en France, fabriqués entre 2023 et 2026, répartis comme suit :
- 122 091 Peugeot — 208 et 2008
- 42 349 Citroën — C3 et C3 Aircross
- 16 142 Opel — Corsa, Mokka, Frontera
- 5 974 Jeep — Avenger
- 4 840 DS — DS3 et DS4
- 4 491 Alfa-Romeo — Junior
- 1 492 Fiat — Grande Panda
- 911 Lancia
Si votre véhicule figure dans cette liste, rendez-vous sans attendre chez un concessionnaire agréé de la marque concernée. La réparation est prise en charge sans frais par Stellantis : elle consiste à remplacer le capuchon de protection de la borne 48V par un modèle mieux isolé, puis à vérifier et ajuster l’écartement entre la borne et le tuyau du filtre à particules. L’intervention dure environ 30 minutes et ne nécessite pas d’immobilisation du véhicule. Si vous n’avez pas encore été contacté par le constructeur, n’attendez pas : signalez-vous directement auprès d’un atelier agréé en communiquant votre numéro VIN.
Stellantis incendie et investigation post-incendie : ce qu’il faut savoir
Pour tout professionnel amené à investiguer un sinistre sur l’un de ces véhicules dans les mois à venir, un point de vigilance s’impose : l’existence de ce rappel et sa réalisation — ou non — devront figurer dans le protocole d’investigation. Un véhicule rappelé mais non réparé, parti en incendie, engage une analyse de causalité spécifique. À l’inverse, un véhicule ayant subi la réparation officielle nécessite de vérifier la conformité de l’intervention avant d’écarter cette piste.
Dans chaque dossier Stellantis incendie, la vérification du statut du rappel passe par la consultation du registre constructeur et l’examen du bon de réparation. Ces documents constituent des pièces essentielles dans le dossier d’expertise, qu’il s’agisse d’une procédure d’assurance ou d’une enquête judiciaire. L’investigation sur véhicule hybride constitue un domaine à part entière, qui exige une connaissance précise des architectures électriques embarquées et des mécanismes d’inflammation propres à ces motorisations. C’est l’un des axes de développement actif de FireLab Pyrénées, en phase avec l’évolution du parc automobile français.
Suite à un sinistre Stellantis incendie ou pour toute demande d’expertise, contactez FireLab Pyrénées — contact@stephaneweibel.org
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